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Mise à jour :
5 mai 2022 Anglais

Dès vendredi [8 avril], 4 000 rebelles ont quitté Mulindi pour se rendre sur Kigali avec une seule idée en tête : venger les leurs, les Tutsi, massacrés par la garde présidentielle et l'armée régulière dominée par les Hutu

Fiche Numéro 29992

Numéro
29992
Auteur
Tripault, Richard
Auteur
Aït-Habbouche, Morad
Date
10 avril 1994
Amj
19940410
Heure
19:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 19 h 30
Titre
Dès vendredi [8 avril], 4 000 rebelles ont quitté Mulindi pour se rendre sur Kigali avec une seule idée en tête : venger les leurs, les Tutsi, massacrés par la garde présidentielle et l'armée régulière dominée par les Hutu
Soustitre
À l'aéroport, les militaires français organisent des évacuations.
Taille
23960 octets
Nb. pages
3
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Résumé
- La situation au Rwanda ne cesse de s'aggraver. Selon la Croix-Rouge internationale, des combats à l'arme lourde se dérouleraient actuellement à la périphérie de Kigali, la capitale.
- Une capitale que les étrangers ont fui toute la journée. Les premiers Français sont attendus ce soir à Paris.
- Nous sommes avec les rebelles tutsi à Mulindi, quartier général du FPR, le Front patriotique du Rwanda. Ici les combats ont repris dès vendredi [8 avril], dès l'annonce des premiers bains de sang perpétrés par les Hutu dans la capitale Kigali.
- 4 000 rebelles ont d'ailleurs très vite quitté cette zone de front pour se rendre sur la capitale avec une seule idée en tête : venger les leurs, les Tutsi, massacrés par la garde présidentielle et l'armée régulière dominée par les Hutu. Mais selon le chef du FPR, les Hutu ne sont pas les seuls responsables de ces dernières tueries. Théogène Rudasingwa : "Les Nations unies étaient là. Je pense qu'ils ont d'une certaine manière contribué à cette situation, à cette escalade de la violence".
- Aujourd'hui à Kigali, les combats se sont poursuivis à l'arme lourde. Dans les quartiers populaires, les cadavres jonchent les rues. Il y aurait déjà des milliers de morts. Père Pierre Jault : "Des morts ? Mais j'en ai vu plein la route en venant ce matin ! J'ai vu les maisons brûler, j'ai même entendu les gens crier, appeler au secours ! Y en avait à côté de chez nous : des filles que je connaissais bien. Des enfants m'ont dit : 'Père, elles sont en train de dormir sur la route'. Vous voyez ce qu'on dit ? Ça ne s'arrête plus. Ils sont ivres de sang".
- À l'aéroport, les militaires français organisent des évacuations. Sur les 600 Français recensés au Rwanda, 246 avaient été évacués en début d'après-midi. Michel Roussin : "Je pense que si nous pouvons poursuivre au rythme où nous sommes depuis hier soir [9 avril], je pense que dans la journée, on aura pu évacuer la majorité de nos compatriotes".
- Toutes les organisations humanitaires, à l'exception de la Croix-Rouge internationale, ont quitté le pays. Certaines d'entre elles sont arrivées à Nairobi, très vite rejointes par 150 ressortissants belges, américains, britanniques et canadiens. Tous ces étrangers partagent le même sentiment : la situation risque de s'aggraver à Kigali.
- Le ministère des Affaires étrangères a mis une cellule de contact avec les familles françaises du Rwanda.