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Mise à jour :
5 août 2022 Anglais

180 parachutistes français ont débarqué à 6 h 30 ce matin sur l'aéroport de Kigali, ce soir ils seront 400. Leur mission : tenir cet aéroport qui sera la tête de pont de l'évacuation des ressortissants étrangers

Fiche Numéro 29566

Numéro
29566
Auteur
Amar, Paul
Auteur
Joly, Françoise
Auteur
Doucet-Bon, Pascal
Auteur
Boussié, Laurent
Date
9 avril 1994
Amj
19940409
Heure
13:00:00
Fuseau horaire
CEST
Surtitre
Journal de 13 heures [5:17]
Titre
180 parachutistes français ont débarqué à 6 h 30 ce matin sur l'aéroport de Kigali, ce soir ils seront 400. Leur mission : tenir cet aéroport qui sera la tête de pont de l'évacuation des ressortissants étrangers
Soustitre
Jacques Lanxade : "ce qui nous inquiète, c'est une possible reprise des combats entre les forces du FPR, au nord du pays, et les Forces armées rwandaises".
Nom fichier
Taille
17842362 octets
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Journal télévisé
Langue
FR
Résumé
- La France, les États-Unis et la Belgique vont tenter de protéger puis d'évacuer les Occidentaux qui vivent au Rwanda et qui sont pris entre deux feux : la trêve conclue hier à Kigali après de terribles affrontements n'a pas tenue. Des parachutistes français ont pris position sur l'aéroport de Kigali. Des marines américains ne vont pas tarder à les rejoindre.
- La nuit dernière à Tielen en Belgique, sur une base militaire, les ordres ont été manifestement donnés. Une opération d'évacuation des ressortissants français, belges et américains est lancée. Au petit jour, sur cet aéroport de Melsbroek en Belgique, deux Hercules C-130 décollent. À bord, plusieurs centaines de soldats. Direction : Kigali, la capitale du Rwanda.
- Là-bas la situation a évolué. Militairement déjà. 180 parachutistes français ont débarqué à 6 h 30 ce matin sur l'aéroport de Kigali, ce soir ils seront 400. Ils sont venus de Centrafrique. Leur mission : tenir cet aéroport qui sera la tête de pont de l'évacuation des ressortissants étrangers.
- Pour prendre position, ils ont profité d'un calme relatif la nuit dernière dans la capitale du Rwanda. Le plus difficile va être d'assurer la liaison entre l'aéroport et la ville. 10 kilomètres les séparent. Et pour l'instant, civils et coopérants militaires étrangers sont toujours éparpillés dans la capitale. Mais désormais, il semble bien qu'il y ait urgence pour assurer la protection de ces populations. On parle de plusieurs victimes parmi les ressortissants étrangers, dont au moins trois Français.
- Mauvais signe : il y a moins d'une heure, le cessez-le-feu entre rebelles et forces gouvernementales était rompu. Les combats semblent avoir repris dans la capitale. Pire, des rebelles, venant du nord du pays, font route sur Kigali pour venir se battre contre la garde présidentielle. Et selon la Croix-Rouge internationale, c'est par milliers que se comptent déjà les victimes au Rwanda. Cette nouvelle guerre interethnique entre Tutsi et Hutu a mis fin définitivement aux accords de paix signés l'été dernier.
- Le colonel Marchal, le commandant belge des Casques bleus à Kigali, a confirmé qu'il régnait au Rwanda un véritable chaos. Luc Marchal : "Les forces armées sont déployées dans la ville. Là il n'y a pas de combats. Mais on ne sait pas si on a affaire à des unités qui sont sous contrôle et commandement ou si on a affaire à des détachements qui profitent d'une occasion pour voler ou pour rançonner. Du côté de l'aérodrome, la situation est sous contrôle. Les éléments français qui sont arrivés cette nuit ou en fin de nuit se sont déployés sur le site de l'aérodrome et ont pour mission, avec l'élément de la MINUAR qui s'y trouvait, d'assurer la sécurité générale de l'aérodrome. […] J'étais hier après-midi à l'hôpital de Kigali, et rien que dans cet hôpital, on dénombrait 300 cadavres. Et ce n'est bien entendu pas le seul endroit où on venait déposer les cadavres. Je crois que l'un dans l'autre, on peut estimer aux environs certainement de 1 000 les personnes qui ont été tuées".
- L'amiral Lanxade, le chef d'état-major des armées françaises qui dirige de Paris l'opération française a évoqué les difficultés de l'évacuation des étrangers : "Actuellement, à Kigali, nous tenons l'aéroport en liaison avec les Forces armées rwandaises. Ce qui veut dire que nous pouvons poser des avions et amener des unités. Ce que nous allons continuer de faire dans la journée. Ensuite nous procèderons au transfert des ressortissants des lieux où ils sont en ville vers l'aéroport. À savoir qu'en ce moment, une des difficultés est qu'il y a des combats entre la ville et l'aéroport et que donc nous avons besoin de moyens supplémentaires pour assurer ce transfert en sécurité. […] Dans les heures qui viennent, nous craignons un développement des troubles dans la ville de Kigali. Mais à un peu plus long terme, ce qui nous inquiète, c'est une possible reprise des combats entre les forces du FPR, au nord du pays, et les Forces armées rwandaises. Et que ces combats se déroulent à proximité, voire dans la ville elle-même, et avec une intensité qui serait beaucoup plus élevée que celle qui existe aujourd'hui".